Retraite inchangée en janvier 2025 : le terme échu, la CSG et le versement de février

Pourquoi ma retraite n’a pas augmenté en janvier 2025 : terme échu, CSG et versement février
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Si votre pension versée en janvier 2025 n’a pas bougé, ce n’est pas forcément une erreur. La retraite de base est souvent payée à terme échu, donc après le mois concerné. La hausse annoncée au 1er janvier 2025 peut donc apparaître seulement sur le paiement suivant, selon votre régime et vos prélèvements.

Le point clé : le versement de janvier ne correspond pas toujours à janvier

La confusion vient d’un décalage fréquent entre le mois payé et la date à laquelle l’argent arrive sur le compte. Pour la retraite de base du régime général, versée notamment par la CNAV, le paiement intervient généralement le mois suivant celui auquel il se rapporte. On parle de versement à terme échu.

Comprendre la revalorisation annuelle de votre pension de retraite — Découvrez comment et quand votre pension de retraite civile ou militaire est automatiquement revalorisée chaque année par l’État.

Concrètement, le versement CNAV du 9 janvier 2025 correspond à la pension de décembre 2024. Il est donc logique qu’il ne reflète pas encore la revalorisation applicable à partir du 1er janvier 2025. Le premier versement concerné par la pension de janvier 2025 est celui du 7 février 2025.

Date de paiement CNAV Mois de pension concerné Effet attendu de la revalorisation
9 janvier 2025 Décembre 2024 Pas encore la hausse de janvier
7 février 2025 Janvier 2025 Hausse normalement visible sur le brut

Avant de conclure à une anomalie, vérifiez toujours le mois indiqué sur votre relevé de paiement. Une pension inchangée en janvier ne signifie pas automatiquement que la revalorisation a été oubliée.

Quelle hausse était prévue pour les pensions de base ?

Les pensions de base ont été revalorisées de +2,2 % au 1er janvier 2025. Cette hausse concerne le montant brut de la pension de base, avant application des prélèvements sociaux et fiscaux éventuels.

Une hausse appliquée au brut, pas forcément visible à l’euro près sur le net

Quand on parle d’augmentation de la retraite, il faut distinguer le montant brut et le montant net versé. Le brut correspond au montant calculé par la caisse avant retenues. Le net est ce qui arrive réellement sur votre compte bancaire. Si vos prélèvements évoluent au même moment, le gain net peut être plus faible que prévu, voire presque imperceptible.

Par exemple, une pension brute revalorisée peut produire seulement quelques euros supplémentaires après retenues. Si, en parallèle, votre taux de CSG change ou si un prélèvement est régularisé, le montant final peut rester stable. C’est l’une des raisons pour lesquelles certains retraités ont l’impression que la hausse n’a pas eu lieu.

Le cas de l’ASPA

L’allocation de solidarité aux personnes âgées suit aussi ses propres montants de référence. Le plafond de l’ASPA a été porté à 1 034,28 € par mois pour une personne seule. Si vous percevez cette allocation ou un complément lié à vos ressources, l’effet sur votre versement dépend de l’ensemble de vos revenus pris en compte, pas seulement de la revalorisation générale.

Dans ce type de situation, le bon repère reste le montant brut avant retenues. C’est lui qui permet de voir si la hausse de base a bien été appliquée, puis d’expliquer l’écart éventuel entre la hausse annoncée et le net effectivement versé.

CSG, CRDS, CASA : les retenues peuvent masquer la revalorisation

Une pension peut augmenter en brut tout en restant stable en net à cause des prélèvements sociaux. Les principaux prélèvements concernés sont la CSG, la CRDS et la CASA. La CSG varie selon votre revenu fiscal de référence et compte 4 tranches de CSG. La CRDS est fixée à 0,5 % lorsqu’elle s’applique, et la CASA à 0,3 % lorsqu’elle s’applique.

Chaque année, l’administration fiscale transmet aux caisses de retraite les informations permettant de mettre à jour votre taux de prélèvements. Si vos revenus ont changé, ou si vous franchissez un seuil, votre taux peut évoluer. Cette mise à jour peut tomber au même moment que la revalorisation et en réduire l’effet visible.

Changement de tranche : quand la hausse disparaît dans les retenues

Le cas le plus frustrant est celui où la pension brute augmente mais où le taux de CSG augmente aussi. Le retraité voit alors une hausse annoncée, mais le montant net sur le compte ne progresse pas, ou très peu. Dans certains cas, il peut même baisser si le changement de prélèvement est plus important que la revalorisation.

Pour comprendre votre situation, partez du montant brut indiqué sur votre relevé, puis regardez les prélèvements appliqués, le régime concerné et enfin votre revenu fiscal de référence. Cette lecture évite de comparer deux virements bancaires isolés, qui mélangent calendrier, brut, net et fiscalité dans un seul chiffre.

Retraite de base et complémentaire : deux calendriers à ne pas confondre

Une autre source d’incompréhension vient du fait que toutes les pensions ne sont pas revalorisées ni versées selon les mêmes règles. Beaucoup de retraités perçoivent plusieurs lignes de paiement : une pension de base, une retraite complémentaire, parfois une pension d’un autre régime comme la MSA ou la CNRACL.

La retraite de base

La retraite de base du régime général est revalorisée selon des règles liées à l’évolution des prix, avec une référence à l’indice des prix à la consommation hors tabac. Pour 2025, la hausse de +2,2 % s’applique au 1er janvier, mais elle apparaît sur le paiement correspondant à janvier, donc souvent en février pour les pensions payées à terme échu.

Le point à surveiller est donc double : la date d’application de la revalorisation et la date réelle du virement. C’est ce décalage qui explique pourquoi un relevé de janvier peut rester inchangé alors que la hausse est bien prévue dans le calcul du mois suivant.

La retraite complémentaire Agirc-Arrco

La retraite complémentaire Agirc-Arrco suit un calendrier différent. Elle a connu une revalorisation de +1,6 % dès novembre 2024. Il ne faut donc pas attendre automatiquement une nouvelle hausse en janvier sur cette partie de votre retraite. Les comptes du régime sont aussi suivis séparément : les excédents Agirc-Arrco sont indiqués à 1,6 milliard d’euros en 2024 et les réserves à 85,4 milliards d’euros, mais ces éléments ne signifient pas qu’une hausse mensuelle intervient à chaque début d’année civile.

Autrement dit, une pension de base et une complémentaire peuvent évoluer à des moments différents. Si vous ne voyez pas d’écart en janvier, il faut donc vérifier chaque ligne de paiement séparément, sans tout confondre dans le même montant bancaire.

Type de retraite Calendrier fréquent Point à vérifier
Retraite de base Revalorisation au 1er janvier, paiement souvent en février pour janvier Montant brut de janvier sur le relevé
Complémentaire Agirc-Arrco Revalorisation distincte, ici +1,6 % dès novembre 2024 Historique des paiements complémentaires

Que vérifier si votre pension reste inchangée ou a baissé ?

Si le versement de février ne montre toujours aucune évolution, ou si le montant a baissé, il faut procéder méthodiquement. L’objectif n’est pas seulement de regarder le virement bancaire, mais de comparer les lignes de calcul.

  1. Consultez votre relevé de paiement dans votre espace personnel retraite ou auprès de votre caisse.
  2. Comparez le brut de décembre et le brut de janvier : c’est là que la revalorisation doit d’abord apparaître.
  3. Regardez les prélèvements : CSG, CRDS, CASA et éventuelle cotisation maladie selon votre situation.
  4. Vérifiez votre revenu fiscal de référence et le taux de CSG appliqué.
  5. Distinguez chaque régime : base, complémentaire et autres caisses ne suivent pas forcément le même rythme.

Si vous constatez une incohérence entre le montant brut attendu et celui affiché, contactez votre caisse de retraite avec les éléments précis : mois concerné, relevé de paiement, avis d’imposition utilisé pour les prélèvements et montant bancaire reçu. Une demande claire, centrée sur une ligne de calcul, a plus de chances d’obtenir une réponse utile qu’un simple signalement de baisse globale.

En résumé, l’absence d’augmentation en janvier 2025 s’explique le plus souvent par le paiement à terme échu : le virement de janvier correspondait encore à décembre 2024. Si la hausse n’apparaît pas sur le paiement de février, il faut alors vérifier le montant brut, les prélèvements sociaux et le régime concerné avant de conclure à une erreur.